La beauté sauvera le monde

Le silence créatif de saint Joseph

Spectacle théâtral

de

Jacques Béland

Introduction

Le temps que nous vivons présentement au Québec, comme ailleurs en Occident, en est un d’épreuves à n’en pas douter. On a qu’à penser à cette pandémie qui fait rage dans le monde depuis les premiers mois de 2020 pour qu’à elle seule, elle puisse nous en convaincre; mais il y a plus, et c’est bien de ce « plus » que mes propos veulent à partir de maintenant attirer l’attention.

Nos sociétés occidentales sont affectées, surtout depuis le dernier quart du 20e siècle jusqu’à maintenant, par des changements de toutes sortes qui menacent les fondements mêmes sur lesquels nos sociétés se sont édifiées, ce qui a comme conséquence première une déstabilisation si grande pour ne pas dire une désintégration même de la vie en société.

C’est en constatant tous ces changements que Michel Crozier, sociologue réputé et chercheur de renommée internationale, en arriva un jour de décembre 2003 à affirmer que : « Nous vivons la plus grande période de mutation de l’humanité depuis la révolution industrielle. »

C’est pourtant bien avant, soit trois ans après la deuxième guerre mondiale, en 1948, qu’à l’issue d’une conférence à Minneapolis, le célèbre Einstein avait présenté à l’abbé Pierre les trois grands risques que courait le monde : l’énergie nucléaire, la surpopulation et enfin, « l’explosion psychique », amenée par les médias, notamment la télévision.

Albert Eeinstein
Albert Einstein
l’Abbé Pierre
l’Abbé Pierre

C’est bien à cette explosion de la conscience humaine que nous sommes en train d’assister : incapacité d’intégrer l’ensemble des données que ne cesse de nous transmettre l’information mondiale; diminution de notre capacité d’analyse en raison de la multiplicité des choix qui nous sont offerts par le monde de l’Internet et à sa conséquence qui est la superficialité des connaissances acquises en raison du manque ou de l’absence de temps consacré à la réflexion indispensable à toute analyse en profondeur.

Où est-elle cette réflexion, seule gage d’une construction de pensée adéquate produisant la sagesse nécessaire pour résoudre ou apaiser les incertitudes et énigmes que nous présente la vie, et ce, peu importe les époques?

Voilà finalement à quoi toutes ces prémisses veulent nous conduire°: à la mission que s’est donnée notre spectacle en voulant se faire écho à la vision prophétique qu’a eue un jour le célèbre auteur russe Alexandre Soljenitsyne lorsque, dans son Discours de Stockholm de 1970, celui-ci a affirmé :

« Le monde moderne, s’attaquant au grand arbre de l’être, a brisé la branche du vrai et celle du bien. Seule reste la branche de la Beauté, et c’est à elle qu’il appartient maintenant d’assumer toute la sève du tronc.

La conviction profonde qu’entraîne une véritable œuvre d’art est absolument irréfutable, elle contraint même le cœur le plus hostile à se soumettre. »

Alexandre Soljenitsyne
Alexandre Soljenitsyne

Tels sont les mots que nous avons choisis comme VISÉE de notre spectacle et qui résument bien toutes nos intentions dans le cadre de celui-ci. Nous faisons nôtre le constat où en arrive l’écrivain. C’est pourquoi nous sommes convaincus que nul argument dorénavant ne pourra convaincre qui que ce soit de la véracité d’une chose quelconque, mise à part celui d’une démonstration artistique au sortir de laquelle on ne saura s’exclamer que par ces mots :

« Comme cela est beau! »

Avec l’humble prétention à vouloir nous rendre le plus près possible du but recherché par cette visée, je vous convie donc à venir faire vous-même, je l’espère, votre « Comme cela est beau!»

Historique du spectacle théâtral

La beauté sauvera le monde

C’est en 1994, soit un peu avant la tenue de la 11e édition de l’Estival Juni’Art, festival international consacré à la jeune relève artistique et se déroulant chaque année à l’intérieur des vieux murs de la ville de Québec, qu’a germé l’idée pour moi, qui était alors le directeur artistique de cet événement, de créer un autre volet d’expression à ceux déjà existants et auquel on donna le nom de  

Art-Spiritualité-Jeunesse.

La création de ce nouveau volet devenait nécessaire pour moi face au constat que je faisais suite à toutes mes années d’enseignement. En effet, il m’avait alors été donné au fil du temps de constater combien le milieu scolaire devenait de plus en plus pauvre en matière d’enseignement de la foi catholique. C’est donc pour contrer ou pallier ce déclin que j’ai proposé au conseil d’administration de l’époque de créer ce nouveau volet, ce qui fut résolu à l’unanimité dès le dépôt du projet.

Par la suite, c’est au cours d’une rencontre avec le directeur de l’Oeuvre des Vocations du diocèse de Québec d’alors, le prêtre Alain Pouliot, que le projet de création d’un spectacle autour de l’appel vocationnel fut analysé et ensuite adopté par le conseil de cette Oeuvre. Ce dernier confiait par la suite à l’Estival Juni’Art le soin de réaliser le spectacle théâtral proposé par l’Estival et ayant pour titre « La beauté sauvera le monde », dont la première eut lieu à l’amphithéâtre Dina Bélanger de l’école Jésus-Marie, à Québec, le jeudi précédant la fin de semaine de l’Action de Grâces 1995.

Après les représentations à Dina Bélanger, d’autres eurent lieu dans d’autres villes du diocèse de Québec, soit à Lévis, Saint-Georges-de-Beauce, Baie-Saint-Paul et Chicoutimi.

En 1996, l’Oeuvre des Vocations du diocèse de Montréal nous demandant de produire à nouveau notre spectacle, une nouvelle version de celui-ci fut créée et présentée en avril de la même année à l’école Georges Vanier. En 1998, une autre version fut présentée, cette fois à l’Agora du Vieux-Port de Québec, à l’occasion de la 15e édition de l’Estival Juni’Art.

Finalement, et comme apothéose, une dernière version de La beauté sauvera le monde fut présentée comme activité de clôture du Grand Jubilé de l’An 2000, à l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, le 6°janvier 2001, mais celle-là beaucoup plus imposante que les précédentes, puisque composée d’une distribution artistique de 200 jeunes musiciens et chanteurs, comédiens, danseurs, de l’Orchestre symphonique des jeunes de Montréal, dirigé par Louis Lavigueur, des Petits Chanteurs du Mont-Royal, et du futur réputé violoniste Alexandre Da Costa, pour ne nommer que ceux-là. Le tout s’est finalement conclu par une longue ovation des deux mille spectateurs qui s’étaient déplacés pour venir assister à ce grand événement.

Mentionnons en terminant, qu’un reportage télévisé pour la Société Radio-Canada a été tourné tout au long des divers préparatifs entourant la présentation de ce méga-spectacle, et ce, dans le cadre de l’émission Second Regard, afin de souligner l’apport important de ce spectacle à la lutte pour contrer le suicide chez les jeunes.

De plus, le soir même suivant la présentation du spectacle, le bulletin de nouvelles nationales Radio-Canada en faisait sa une tout en soulignant que « Jacques Béland voulait, par la présentation de son œuvre, provoquer le réveil spirituel du Québec ».

Description de la version 2022

La version 2022 du spectacle théâtral La beauté sauvera le monde met en lumière artistiquement la beauté possible de la finalité humaine lorsque nous consentons librement à nous laisser aimer par le Créateur de nos vies et que nous répondons à cet amour par le nôtre en retour. Ce ne sera qu’ainsi que nous pourrons ultimement vivre un bonheur en sa compagnie et en la compagnie de tous ceux et celles qui, comme nous, auront répondu favorablement à son désir de nous faire partager sa Vie.

L’illustration de cette invitation première en nous et de celle aussi de notre réponse possible, se fera à partir du personnage principal de François, un jeune d’aujourd’hui, mais qui par tant de façons qu’il a de réagir à tout ce qui lui arrive, ne peut autrement que nous rappeler ce qu’a pu être en ces années 1200, à Assise, cet autre François, qui demeure pour nous encore aujourd’hui toujours si cher. Lui, qui a su à son époque apporter la beauté de l’Évangile au sein d’un monde ravagé par les scandales de son temps, scandales qui, fort malheureusement, peuvent ressurgir à tout moment et en tout temps, mais surtout lorsque, comme aujourd’hui, l’Évangile dans le monde est de plus en plus délaissé.

Faire ressortir les besoins toujours aussi criants d’aujourd’hui en ce qui a trait aux soifs inhérentes de vérité et d’amour de chacun et chacune d’entre nous, constituera le sujet principal de ce spectacle théâtral. Trouver dans l’Histoire des modèles incarnant ces soifs et leurs façons personnelles à chacun d’avoir pu ainsi les étancher, et ce, à même les eaux inépuisables de la foi, en deviendra donc ainsi son complément.

Le modèle principal choisi, l’icône sainte qui se profile progressivement et distinctement tout au long du spectacle est sans contredit celui de saint Joseph. Il est non seulement linspirateur, le médiateur principal et silencieux, mais aussi, et surtout, l’initiateur créatif qui sera à la base de toutes les actions qu’ont su accomplir en leur temps un Jérôme Le Royer de la Dauversière et, par la suite, un frère André qui, tous les deux, auront une dévotion marquée pour saint Joseph.

Ce sera d’ailleurs par les représentations sur scène de frère André, dont nous viendrons de fêter la dixième année de canonisation en 2020, et du vénérable Jérôme Le Royer de la Dauversière, fondateur des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph et fondateur visionnaire de Ville-Marie, aujourd’hui Montréal, que se profilera et se dessinera devant les yeux de notre cœur l’icône sainte, mais sans équivoque, de saint Joseph.

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